Représentations
À partir du 24 janvier 2026
Du mercredi au samedi à 19h
Le dimanche à 17h30
La pièce
C’est l’histoire d’un couple d’octogénaires. Lui, souffre d’un mal de dos chronique et d’une vue très faible. C’est Jean-Pierre Darroussin. Elle, est équipée d’un appareil auditif et d’un appareil dentaire. C’est Christine Murillo. Ils n’ont pas la vie facile d’autant que leur cinquantenaire de fils est revenu vivre chez ses vieux. Ce retour, ça les ennuie. Allez donc savoir où se nichent la générosité, l’écoute ou le rejet d’autant que le fils s’obstine à ne pas leur parler. C’est gai ! « Dans le couloir » c’est un peu « Godot » entre deux « Chaises ». Allez donc savoir qui des rires ou des larmes l’emportera ?
Le mot de l'auteur
« Rire et pleurer ensemble. »
La sagesse populaire prétendait hier que le malheur des uns fait le bonheur des autres. Aujourd’hui, grâce à Dieu, qui n’y est pas pour grand-chose, nous savons que rien n’est plus drôle que le malheur, pourvu qu’il soit équitablement partagé. Durant près de trente ans, je me suis efforcé de faire rire mes contemporains de leurs malheurs et du mien.
Revenir pour cela à Hébertot, ce théâtre que j’aime tant et qui hébergea mon « Atelier » il y a peu – trente ans – durant plusieurs saisons, me ferait presque oublier de rire des malheurs d’autrui et des miens. Y revenir avec deux complices experts en rire et spécialistes du malheur humain, Christine Murillo et Jean-Pierre Darroussin, guidés par un troisième larron nommé Charles Tordjman, qui accepte de quitter des yeux un temps ces « 12 Hommes en Colère », me laisse entrevoir une abondante moisson de rires mouillés de larmes car, comme le dit la sagesse populaire – encore elle ? – pleurer de rire ou rire larmes zaux zyeux reste le plus sûr remède à la mélancolie. Ce retour à Hébertot me fait souvenir d’une soirée où j’étais venu applaudir Jean-Louis Trintignant et sa fille Marie. Il faisait beau, c’était le printemps. Devant le théâtre, quelques spectateurs attendaient en devisant avant que retentisse la dernière sonnerie. L’un, qui avait sans doute la veille vu « Fin de partie », interpellait les autres : « Et vous savez ce qu’il y avait dans les poubelles, sur scène ? Vous ne devinerez jamais ! Les parents, les parents ! Le vieux dans une poubelle, la vieille dans une autre. » Les auditeurs protestèrent : « Non, non ! », et la sonnerie retentit. Disons que « Dans le Couloir », j’ai renversé la poubelle, libérant ainsi les vieux parents afin qu’ils puissent s’affronter dans la cuisine ou dans le couloir, rire et pleurer ensemble, qu’ils se sentent chez eux, sur la scène d’Hébertot. Faites-leur bon accueil. Ils n’ont pas la vie facile. Sentez-vous libres, vous aussi, de rire, de pleurer, et même, pourquoi pas, de dormir si le sommeil vous gagne.
Jean-Claude Grumberg
Le mot du metteur en scène
« Une vie où chaque instant se vit à fond »
Il était une fois deux vieux époux qui voient revenir chez eux leur fils un peu âgé et portant cheveux blancs. Est-ce la honte de ce retour ou est ce une crise adolescente qui font que le fils ne semble pas tenir à voir ses vieux parents ? On ne sait pas. Ils n’ont pas la vie facile ces parents. Tout recommencer, est ce bien raisonnable. Il y une trentaine d’années - c’est dire que mes cheveux sont aussi blancs que ceux du fils - je mettais en scène avec une immense joie “ Fin de partie ” de Samuel Beckett où se retrouvent sur scène des parents dans des poubelles, leur fils sur un fauteuil roulant et le servant du fils claudicant.
Pas de doute la vie de ceux-là n’est pas facile non plus. Ni Beckett, ni Grumberg ne traitent de la fin de vie. Bien au contraire, il s’agit d’une pleine vie, c’est-à-dire d’une vie où chaque instant se vit à fond. Comme les personnages de Beckett ceux qui ont pris racines dans un étrange couloir font de tout évènement. Manger une soupe, faire un sandwich, attendre le fils, raisonner sur le sens ou le non sens même de la vie, rien n’est anodin. Ils savent bien qu’ils ne sont que de passage, mais chaque pas compte. Bien sûr ils ont quelques handicaps, pour l’un la vue très faible et le dos mou, pour l’autre des appareils auditifs et un ratelier instable, mais ces handicaps ne provoquent aucune tristesse, on dirait même qu’ils source de joie. Les vieux de Grumberg ne souffrent pas, ils sont légers comme des ballerines, ils hésitent. Chez Grumberg nous fait face une humanité qui boîte et qui begaie. Ce sont ces faux pas qui aiguisent ma curiosité. Je les attends au tournant d’une peau de banane glissée au hasard de leur marche. Les humains sont comme ça, ils ne savent que la chute les guette et rien à faire d’autre que de laisser le rire ou parfois les larmes occuper le terrain. Quelle chance de faire ces glissades avec Christine Murillo et Jean-Pierre Darroussin ! Ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère pour raconter nos vies. Moi aussi comme eux j’aime prendre la vie avec des pincettes.
Charles Tordjman
En vidéo
Équipe artistique
Une pièce de Jean-Claude Grumberg Mise en scène Charles Tordjman Assistante mise en scène Pauline Masson Avec Jean-Pierre Darroussin et Christine Murillo Décor Vincent Tordjman Lumière Christian Pinaud Costumes Anne Yarmola Musique Vicnet Une coproduction Théâtre Hébertot, MK PROD' et Billal Chegra
Prix des places & réservation
Tarifs : Cat. OR : 53€ / Cat. 1 : 43€ / Cat. 2 : 38€. / Cat. 3 : 30€ / Cat. 4 : 15€.
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Scolaires : 15€ en Cat. 1 ou Cat. 2 (placement au mieux).
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